Que se passe-t-il sur Internet en une minute?

Une minute s’écoulant sur la Toile c’est: 2 millions recherche sur Google, 571 sites créés, 3600 nouvelles photos postée via Instagram, 47000 application téléchargée via le magasin d’application Apple Store, notamment, de données échangée.

Infographie: Consumer media blog – Seagate

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L’Enseignement fait sa rentrée…

La Fédération Wallonie-Bruxelles compte 868.000 élèves dans l’enseignement ordinaire, 32.000 dans l’enseignement spécialisé et 76.000 enseignants. En détails, 180.000 élèves en maternelle, 320.000 en primaire et 365.000 en secondaire. Le directeur général du Secrétariat général de l’enseignement catholique, Étienne Michel, rappelait ces chiffres dans une interview parue sur RTL Info.be, peu avant la rentrée scolaire.

Un enseignement qualitatif

Dans un récent rapport de l’Organisation de Coopération au Développement Économique, l’enseignement belge est considéré comme le mieux financé d’Europe. Le coût annuel moyen d’un élève belge varie entre 3000 et 7000 €, soit un montant nettement supérieur à la moyenne européenne des pays membres situé aux alentours de 4800 €.

Le coût budgétaire de la rentrée 2012-2013 en Wallonie et à Bruxelles correspond au deux tiers du budget total de la FWB, soit 5,2 milliards d’euros. Or, une horde de problèmes subsistent au sein des Établissements scolaires. Les plus cités sont : la formation enseignante est jugée insuffisante et surchargée, le ratio entre la population estudiantine et le nombre limité de places d’accueil ; que ce soit en Wallonie ou à Bruxelles, la réforme du décret inscription souhaitant promouvoir la mixité sociale, la multiplicité des réseaux d’enseignement, l’état avancé de délabrement de certains bâtiments publics scolaires, etc.

Le président de la Fédération des Parents de l’Enseignement Officiel, Hakim Hedia demande aux hommes et femmes politiques concernés la révision du système d’évaluation des élèves ainsi que le rythme scolaire. Il est urgent, pour lui, de l’inscrire comme une priorité politique.

L’Observatoire de l’Enfance et de l’Aide à la Jeunesse, attaché à la Fédération Wallonie-Bruxelles, propose de maintenir l’enfant jusqu’à 17 h au sein de l’établissement scolaire. Le but est d’encadrer les devoirs demandés par les professeurs. Une idée que réfute entièrement la Ministre de l’Enseignement Obligatoire et de la Promotion sociale, Marie-Dominique Simonet, sous peine de davantage fatiguer les enfants. Par contre, elle propose un allongement de la formation des futurs enseignants, passant de 3 à 5 ans de niveau universitaire.

En attendant, l’A.S.B.L. Élèves, espace de réflexion, d’analyse et d’interpellation concernant le monde scolaire, dans un communiqué de presse datant du 31 août, tire la sonnette d’alarme. En 3 ans, de 2010 à 2012, +73 % d’enfants sont sans école. Selon cette association, la situation est « inadmissible et exige une réponse urgente et adéquate du politique. » La multitude de décrets mis en place depuis 5 ans, régissant la matière de l’éducation, a conduit la Commission Inter Réseaux des Inscriptions; responsable du classement et de l’attribution des places libres ; le plus souvent selon les critères demandés par les parents, dans une situation de rupture en lien avec les réalités quotidiennes de l’École. Pour rappel, le CIRI est composé de tous les acteurs de l’enseignement dont les Pouvoirs Organisateurs, les Associations de Parents et les Organisations syndicales.

Hors de nos frontières

Dans les autres pays européens, la situation est toute autre. Les critères de choix d’une école varient selon : la proximité géographique du lieu de travail ou d’habitation des parents et le regroupement familial. D’une manière générale, ce processus est accueilli favorablement par les parents dans le but d’accroître la mixité sociale au sein des établissements scolaires.

L’évaluation des savoirs, au terme de l’enseignement obligatoire, est réalisée par un examen sur les acquis qu’un élève engrange tout au long de sa scolarité.

L’Organisation mondiale de Coopération au Développement Économique pilote une étude internationale appelée PISA. Son but est de rendre la politique éducationnelle la plus efficiente qui soit. En 2009, dernière publication de l’enquête, la Belgique faisait figure de « bon élève », tout au moins au nord du pays. La Flandre décrochait la 4e place de ce classement international, tandis que les élèves de la communauté française peinaient à prendre la 23e position. Pascal Smet, Ministre flamand de l’Enseignement, de la Jeunesse, de l’Égalité des chances et des Affaires bruxelloises, relève un problème de maîtrise de la langue d’instruction du fait du nombre important de personnes issues de l’immigration. « La société, et pas seulement les écoles doivent être plus sévères avec les langues communes.»

L’enseignement selon Peillon

En France, 12,2 millions d’élèves sont assis sur les bancs depuis le 4 septembre. Lors de sa conférence de rentrée, le Ministre de l’Éducation nationale, Vincent Peillon, a annoncé son lot de mesures pour améliorer l’enseignement en France et refonder l’école républicaine qu’il a connue.

Quelques mesures « phares »

L’avenir des enseignants

Entre 2007 et 2012, le gouvernement sortant prévoyait une suppression de 80.000 postes d’enseignants. François Hollande, prévois une investiture de 60.000 fonctionnaires en plus d’ici à 2017.   Un rapport rendu public avant la mi-octobre servant de base à la préparation d’un projet de loi d’orientation et de programmation déposé fin novembre à l’Assemblée nationale. Celui-ci consiste en une refonte de la formation et l’évaluation des enseignants, la réforme des rythmes scolaires et la création de 60.000 postes d’enseignants en plus dans la fonction publique.

La carte scolaire

La carte scolaire prévoit une automatisation de la place de l’élève selon son lieu de résidence. Son pendant belge est le décret inscription adopté le 17 mars 2010 par le Parlement de la fédération Wallonie-Bruxelles. Luc Peillon est journaliste écosocial au quotidien Libération. Il souhaite durcir cette application de la carte scolaire. Vincent Peillon reconnaît que l’instauration de la carte scolaire ne rétablira pas l’égalité républicaine au sein de l’École.

La morale laïque

Dans une interview au Journal Du Dimanche, le 2 septembre 2012, le Ministre de l’Éducation nationale déclare vouloir « qu’on enseigne la morale laïque » jusqu’en terminale[1] dès la rentrée 2013. L’ancienne majorité, sous la houlette de Luc Chatel, souhaitait le « rétablissement des leçons de morale à l’école. » Au lendemain de ces déclarations, sur le site de blogage Twitter, ce dernier réagit à l’interview. C’est une « effarante interview de PEILLON dans le JDD : “redressement intellectuel et moral”, mot pour mot l’appel du maréchal PETAIN le 25 juin 1940. » C’est « une maladresse fâcheuse » renchérit-il sur Itélé.

Jean-François Copé, Secrétaire général de l’UMP à la rentrée académique 2011-2012 disait que la morale laïque « ne saurait tenir lieu d’enseignement général, mais je pense que venir compléter l’enseignement par ça, c’est une bonne chose. Je pense que c’est important. Cela nous renvoie à une idée qui m’est chère, la République des droits et des devoirs. » Propos recueillis sur la Chaîne Parlementaire française.

Pour Martine Aubry « la morale républicaine serait qu’on ait donné à cette rentrée, à chaque enfant les moyens de réussir sa vie. C’est cela, monsieur Chatel, la vraie morale républicaine. »

Aurélie Filippetti, Ministre en charge de la Culture au Gouvernement Ayrault, commente sur LCP : « Il n’y a pas besoin de rajouter des cours de morale. C’est uniquement une annonce politique sur laquelle il espère focaliser l’attention des parents qui vont dire : eh bien oui, en face des problèmes d’incivilités et d’insécurités, on va remettre de la morale, ça va tout régler. Pas du tout ! »

Vincent Peillon définit la morale laïque. « C’est comprendre ce qui est juste, distinguer le bien du mal, c’est aussi des devoirs autant que des droits, des vertus, et surtout des valeurs. Je souhaite pour l’école française un enseignement qui inculquerait aux élèves des notions de morale universelle, fondée sur les idées d’humanité et de raison. La république porte une exigence de raison et de justice. La capacité de raisonner, de critiquer, de douter, tout cela doit s’apprendre à l’école. Le redressement de la France doit être un redressement matériel, mais aussi intellectuel et moral. »

Le 5 septembre, France Info & BFM TV relayent l’information que le cours de morale laïque, proposé dès la prochaine rentrée, sera une matière « à part entière » dans le cursus d’apprentissage et une matière « notée. »

Congés et rythmes scolaires

À l’intérieur du panier des réformes, le Ministre a prévu deux semaines de congés à la Toussaint afin de permettre aux élèves de se reposer. Une semaine de classe passant de 4 jours à 5 jours d’ici à 2013 pour le niveau primaire. En mai 2012, Le Figaro, a interrogé le chronobiologiste Yvan Touitou sur les rythmes scolaires. Selon lui, la semaine des  4 jours engendre une désynchronisation de l’enfant, ce qui l’amène à d’intenses fatigues. L’idéal serait « de travailler tous les matins, six jours sur sept. » Dans le même temps, envisager de réduire d’une heure les journées de classes, passant de 6 heures à 5 heures. Néanmoins, « le temps d’école doit rester maintenu jusqu’à 16 h 30, voire 17 h. C’est ce qui explique les bons résultats des pays scandinaves » explique Yvan Touitou. La manière de réduire l’intensité des journées est de « passer à une semaine de quatre jours et demi et réduire de 15 jours les vacances d’été. » En matière de rythmes, le samedi est privilégié comme « jour supplémentaire ». Cependant, le déterminisme social du « samedi détente » doit être pris en compte dans la refonte de l’École envisagée par le Gouvernement de François Hollande.

Allocation de rentrée

L’allocation de rentrée, destinée à réduire le coût des dépenses qu’engendre une rentrée scolaire, augmente de 25 %, passant de 284,97 € à 356,20 € pour la tranche des 6-10ans. Pour les 11-14 ans, la somme passe de 300,06 € à 375,85 €. Pour les enfants de 15 à 18 ans, l’allocation est revue de 311,11 € à 388,87 €. À noter que l’Association Des Familles de France dénombre une hausse modérée de 2 % des fournitures scolaires pour cette rentrée.

L’Histoire et la Géographie en fin de primaire

Dès 2009, Luc Chatel rend le cours « Histoire & Géographie » optionnel, alors en charge de l’enseignement. Aujourd’hui, il conserve son caractère optionnel, mais les établissements sont obligés de le dispenser aux élèves désireux de le suivre.

D’expérimentés professeurs

Selon l’OCDE, « environ 40 % des enfants ne savent pas bien lire ni compter en arrivant en sixième ». Elle ajoute que la France « a le taux d’encadrement dans les écoles le plus faible des 34 pays ». En Belgique, le taux d’encadrement des élèves atteints plus de 40 % de la moyenne des pays membres.

Le changement, c’est maintenant

Le président de la République, François Hollande, présentera le 9 octobre sa « feuille de route » 2013-2017 de l’École de demain. Vincent Peillon est clair : « aucun enfant ne sera hors de l’école avant 16 h 30. » Au programme, quatre-jours et demi de classe au niveau de l’enseignement primaire, une formation des enseignants revisitée entièrement, la fin des devoirs à la maison et le lancement d’une démarche d’entrepreneuriat envers les nouvelles technologies. Une « instance légitime » sera chargée d’écrire les programmes.

Une loi d’orientation et de programmation sera présentée au Conseil des Ministres avant noël. Elle permettra « la création des écoles supérieures du professorat et de l’éducation qui accueilleront les futurs professeurs et personnel de l’éducation ainsi que celle des instances d’élaboration des programmes et d’évaluation de l’école » explique Vincent Peillon dans une interview accordée au Monde le 12 octobre. L’évaluation du système éducatif sera effectuée par un organisme indépendant voulu « irréprochable » par la majorité gouvernementale. La force politique de cette loi sera axée aussi sur la scolarisation des enfants de moins de 3 ans.

S’il est déjà possible, au travers de cette loi, de se projeter en 2017, les technologies numériques seront l’objectif phare à suivre. L’accent tonique se situera sur de nouveaux contenus pédagogiques à la pointe. Pour en assurer le bon développement, l’équipement des écoles devra être à la hauteur des attentes pour un contenu accessibles à tous. Enfin, les parents pourront avoir un suivi renforcé de leurs progénitures via Internet.

Mes sources

20 MINUTES.FR. Morale laïque: Chatel accuse Peillon de paraphraser Pétain. http://www.20minutes.fr/

ADMINISTRATION GENERALE DE L’ENSEIGNEMENT ET DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE – FEDERATION WALLONIE-BRUXELLES. En pratique – Décret inscription. http://www.inscription.cfwb.be/

A.S.B.L. ELEVES. « Décret inscription : un échec sur toute la ligne! » +73% d’enfants sans école en 3 ans. Une situation inadmissible qui exige une réponse urgente et adéquate du politique. http://www.eleves.be/

CONTROVERSE.  Faut-il revoir le système de l’enseignement?, débat animé par Dominique Demoulin, diffusé sur RTL TVI, dimanche 9 septembre 2012, 11h30, 1h20.

FLEURY, Adeline. Peillon : « Je veux qu’on enseigne la morale laïque ». http://www.lejdd.fr/

GABIZON, Cécilia. Vincent Peillon veut rétablir la carte scolaire. http://www.lefigaro.fr/

KIRSCH, François. Revue de la presse belge. http://www.rtbf.be/

LEHUFFPOST. Rythme scolaire, vacances, allocations, ce qui change… ou pas. http://www.huffingtonpost.fr/

LE MONDE.FR. Douze millions d’élèves rentrent en classe. http://www.lemonde.fr/

RADIER, Véronique. Rythmes scolaires : une affaire de classes… sociales. http://tempsreel.nouvelobs.com/

RTBF.BE. Rentrée scolaire: relisez le chat avec le président de la FAPEO. http://www.rtbf.be/

RTL INFO.BE. Enseignement primaire: vers une fin des cours à 17h ? http://www.rtl.be/

RTL INFO.BE. Rentrée: le décret inscriptions sur la mixité sociale est-il efficace? http://www.rtl.be/


[1] L’équivalent belge est 6ème primaire.